Safaris à pied
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Marcher dans la brousse africaine


Le safari à pied est assez marginalisé par rapport aux traditionnels safari en véhicule. S’agit-il d’un problème pratique ou de sécurité ? De compétence de la part des guides ? Ou d’un manque d’intérêt de la part des amateurs de safari ?

Sans doute un peu de toutes ces raisons. Il est effectivement plus rapide et plus sûr de prendre un 4X4 et de parcourir rapidement 5 kilomètres pour retrouver des lions qui ont été repérés. En outre les animaux ont appris à ne pas craindre une voiture ce qui n’est pas le cas d’hommes à pied.

Toutefois il est souhaitable que l’intérêt pour le safari à pied se développe car c’est une expérience originale que le 4X4 ne remplacera jamais.

Une certain nombre de lodges lorsqu’ils sont en périphérie des réserves proposent des marches d’une heure à deux heures. En Afrique de l’est ces marches ont lieu avec les Masaï dans des zones où la densité animale est moindre. Bien que très intéressantes il s’agit plus d’une occasion de découvrir la culture des Masai que d’observer des animaux à pied.

En Afrique australe les traditions de safari à pied sont plus fortes et de nombreux guides ont été formés pour conduire ces marches. Beaucoup de lodges en Afrique du sud, au Botswana, au Zimbabwe, en Zambie et en Namibie proposent des marches lorsqu’ils disposent des autorisations et de guides habilités. Chaque pays a sa propre réglementation dans ce domaine.


Nous donnons la parole ici à un guide Zambien qui opère dans la réserve de South Luangwa.
La Zambie est le pays sans doute le plus impliqué dans le safari à pied, certains camps appelés "bush camps" n’ouvrent que pendant les 6 mois de saison sèche et ne font que du safari à pied.

Qu’y a t-il de si spécial dans le safari à pied en particulier en Zambie ?
Tout d’abord la sécurité : chaque marche est accompagnée d’un scout (ranger) armé et d’un guide.
Le scout veille essentiellement à la présence des animaux, laissant le guide libre de s’occuper des clients. Si ce dernier avait une arme il ne pourrait pas conjuguer son travail de guide avec la sécurité.
Ensuite notre formation : nous étudions tout, des insectes et des traces aux plantes, reptiles, oiseaux y compris de la taxonomie. Enfin nous avons une nature exceptionnelle, spécialement ici à South Luangwa.
Le bush n’est pas trop dense et il y a pleins d’animaux.

Que préférez vous : être à pied ou en voiture ?
En fait je préfère guider à pied parce que je tends à voir plus de choses : insectes, fleurs, des choses que vous manquez totalement lorsque vous conduisez. Vous avez plus d’occasion de parler de la nature avec vos clients.

Quels sont les risques ?
Les buffles, éléphants et lions peuvent être dangereux si vous arrivez dessus sans avertissement, bien qu’avec les lions c’est surtout si vous rencontrez un couple de félins en ébat, lorsque le mâle est plein de testostérones.
Nous tentons d’éviter les milieux trop denses pour les buffles, et les longues herbes qui peuvent cacher des lions en copulation ou des serpents. La chose la plus importante est de rester en groupe : mon travail est non seulement de repérer les animaux mais aussi de m’assurer que personne est à la traîne ou ne s’écarte du groupe.

Est ce que le guidage a changé depuis vos débuts professionnels ?
Le niveau de guidage s’est amélioré et chaque année il s’élève. Plusieurs d’entre nous sont impliqués dans la formation et l’examen. Lorsque j’ai commencé ma carrière vous n’étiez jamais interrogé sur des domaines comme les papillons. De même beaucoup de nos clients viennent avec de très bons appareils photo.
Non seulement vous devez connaître beaucoup de choses sur le bush mais vous devez aussi être conscient de la lumière et des positionnements, donc être sensible aux besoins des photographes.

Qu’est ce qui fait d’une marche une réussite ?
Les clients sont tous différents, la réussite tient donc dans la rencontre avec leurs intérêts divers.
En commentant ce que nous observons, je me rends compte de ce qui les intéresse le plus.
Je peux donc accorder la marche en conséquence. Si nous croisons des traces fraîches de lions et parvenons à les remonter cela peut être très excitant. Nous avons un bon taux de réussite car nous avons deux grandes familles de lions dans notre zone.

Qu’est ce qu’un bon client ?
Un bon client est celui qui s’intéresse à tout et qui communique avec nous. J’adore les questions !
C’est valorisant pour moi et je sens que les participants apprécient ce qu’ils voient et ce que vous leur avez dit. Les participants trop calmes sont difficiles car je ne sais pas ce qu’ils souhaitent ou simplement s’ils apprécient.
Ceux qui ne suivent pas les instructions sont les pires car ils peuvent mettre tout le monde en danger.

Quelques conseils pour les futurs amateurs ?
S’intéresser aux petites choses de la nature. Il est probable que vous ne verrez pas autant de grands animaux à pied qu’en voiture et ce sont ces petites choses qui rendent le brousse si vivante, des termites  aux traces et aux excréments. Il y a tant de détails, de signes, d’espèces animales et végétales à voir et à apprendre.

Avez vous vu déjà tout vu aujourd’hui ?
Chaque jour est différent dans la brousse. Une fois nous faisions une pause café près d’un lagon et deux impalas bondirent à quelques mètres de nous poursuivis par des lycaons. Alors vous ne savez jamais ce qui peut arriver de nouveau. Il y a encore tant à voir et à apprendre.



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